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Daily Rock FranceRédigé par Jeremy Cardot dans Daily Rock France

« Le blues, c’est un truc de ricain, paraît-il. Il est clair que cette musique est née sur les berges du delta du Mississipi, au milieu des champs de coton, parmi les esclaves qui avaient des choses à dire. La musique alors portait l’espoir d’une vie nouvelle.

Depuis le début du 20ème, le blues en a parcouru du chemin ; il a rencontré d’autres villes, d’autres couleurs, d’autres styles, d’autres guitares et d’autres pays. Aujourd’hui, nombre de groupes se réapproprient cette tradition, en la respectant en lui apportant de nouvelles nuances. Et cocorico, le groupe du jour est français. Car oui, qu’on le veuille ou non, les français savent jouer le blues, et les ricains dont on parlait plus haut le savent.

Blues teinté de folk et de soul, la nouvelle production du groupe Cotton Belly’s, qui en est désormais à son troisième essai, sonne très bien. « Rainy Road », le titre d’ouverture, résonne véritablement comme un hymne à la musique que les musiciens affectionnent plus que tout. D’une finesse, d’une subtilité, surgit un coup de griffe emmené par une guitare distordue puis un harmonica du plus bel effet. Un beau coup pour une élégante introduction à l’album.

Puis les morceaux s’enchaînent, dévoilant peu à peu les cordes à l’arc de Cotton Belly’s. Une palette de guitares acoustiques folkeuses, de solos de guitares, de nuances remarquées (notamment pour la chanson « medecine »). Un ensemble varié qui est sans doute la plus grande force de nos chers français.

Mais les morceaux les plus intéressants, de mon point de vue, se trouvent dans la seconde partie de l’album, notamment avec le titre avec la plus forte intensité à mon sens, « Family Chains », qui respire le blues sans pour autant emprunter une structure classique, à la manière des structures de Freddie King dans des titres comme « Ain’t nobody’s business » ou encore « Someday after a while ». Un titre aéré qui laisse la part belle aux instruments.

La deuxième dynamique majeure est lancée par un titre comme « Tick Tock Pm », qui n’est pas sans rappeler l’esprit porté par un groupe de la trempe de The Delta Saints, blues rock venu tout droit de Nashville. Un bottleneck bien crade orne un morceau très droit, d’une efficacité plus que redoutable.

Et c’est ça qui est intéressant chez Cotton Belly’s. Cette palette sonore qui oscille entre douceur et brutalité. Certes modérée, mais maîtrisée comme il se doit.

Une réussite. Nul autre qualificatif que ce terme pour saluer le travail du band. Si bémol il devait y avoir, il se porterait cependant sur un travail de la voix qui pourrait être plus poussée, notamment son grain, cette petite saturation qui ne demande qu’à être tordue encore et toujours plus. Sans être plus agressif, car ce n’est pas ici ce qui est recherché, le travail pourrait encore être plus mordant.

Bien produit, « Rainy Road » reste de toute façon une galette dont on tombe sous le charme assez facilement. Il conviendra à beaucoup, initiés au blues ou non. Une belle découverte à essayer directement dans vos oreilles. »

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